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Aujourd'hui mardi 11 novembre, le château d'If est fermé pour causes d'intempéries.

Jusqu'au 7 janvier, du au travaux de la gare maritime le départ des navettes Frioul If express se fait depuis le quai des affaires maritimes.

If et les Graffitis

Découvrez le château d'If au travers de ses graffitis !

Les graffitis sont liés à l’activité humaine. Au château d’If, dès 1529, soldats et prisonniers partagent les mêmes espaces et cela pendant 5 siècles. A partir du XIXe siècle, en plus d’être à la fois une prison politique et une garnison le château d’If s’apprête à devenir la destination préférée des lecteurs d’Alexandre Dumas. Prisonniers, militaires et visiteurs vont alors devenir les auteurs des milliers de graffitis présents sur les murs du château.

Des graffitis qui nous racontent des moments clés de l’histoire du château d’If.                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Les graffitis des prisonniers

En 1541, le château d’if servira de prison d'exception et cela jusqu’en 1945. Les prisonniers vont produire un grand nombre de graffitis; des graffitis bien plus élaborés que ceux des visiteurs ou des militaires.

Au XIXème siècle, If devient une prison politique ; suite au soulèvement de juin 1848, plus de 200 personnes sont envoyées au château d’If. Elles vont alors réaliser un ensemble de graffitis qui forme un mémorial. C’est une frise longue de 25 mètres qui courre à hauteur d’homme sur trois des façades de la cour principale. Cet ensemble unique est constitué de 96graffitis. Ce travail a nécessité du temps, du savoir-faire et des outils. On compte au moins neuf tailleurs de pierre susceptibles d’avoir participé au chantier. La réalisation a duré 10 mois environ dans un climat d’exaltation, au milieu du chahut et des cris, le tout ponctué de coups de marteaux. Les graffitis de 1848 procèdent d’une volonté commune. Ils sont le résultat d’une réflexion menée collectivement, marquée comme toutes les entreprises humaines par des hésitations, des repentirs mais aussi par des choix individuels.

Il montre de la part de ses auteurs une détermination et un engagement sans faille dans le combat politique et social. Leur but : délivrer un message d’espoir à destination des générations futures.

Les graffitis sont sculptés directement sur les parements en calcaire tendre des façades sur une hauteur de une à trois assises (rangées de pierre) le long des façades nord, est et sud. Sur les 96 graffitis recensés, plus de 80%, sont des tableaux moulurés de petites tailles plus ou moins allongés sur lesquels figurent le nom de famille du prisonnier et la date de juin 1848. Les 20% restants sont constitués de bas-reliefs et d’épigraphes (citation, slogans et épitaphe).                                                                                                                                                              

En 1871, on enferme à nouveau des prisonniers politiques à If. Suite à la Commune, un grand nombre de Communards sont envoyés au château d’If dans l’attente de leurs jugements.

Le mémorial de 1871 s’inspire directement du mémorial de 1848. Il est composé de 31 graffitis : 18 sur une chaîne d’angle de la grande galerie du rez-de-chaussée, les 13 autres disséminés sur trois niveaux. Ces graffitis se présentent sous la forme de tableaux compartimentés sur lesquels figurent jusqu’à six noms de prisonniers. Parmi les ornements utilisés : un cadre enrubanné, un lézard et une fleur de lavatère arborescente. A l’évidence, les Communards ont manqué de place et sans doute aussi de temps. En effet, la durée de leur séjour n’a pas excédé quatre mois. Résultat, un mémorial éclaté, difficilement lisible qui ressemble davantage à un hommage à leurs aînés.

Le mauvais état général est dû principalement au vandalisme engendré par une volonté d’effacer toute trace de l’évènement de la mémoire collective.                                                                                                                                                                                                           

Les graffitis des visiteurs

Au XIXe siècle, le succès du Comte de Monte-Cristo par Alexandre Dumas paru en feuilleton dans le Journal des Débats (1844) révèle au monde l’existence de la prison d’If qui, très vite, acquiert une renommée internationale. Les visiteurs-lecteurs débarquent à If dès la parution des premiers épisodes et c’est la stupéfaction. Tout y est : les cachots des deux héros et même le tunnel de l’abbé Faria. L’écrivain, curieux de cet engouement pour l’île d’If, est lui-même du voyage et écoute, mi amusé, mi surpris, le récit du gardien. Toutes les visites effectuées entre 1844 et 1880 n’ont aucun caractère officiel malgré la présence de bateaux affectés au transport de visiteurs vers If. La décision d’y enfermer des prisonniers politiques en 1848, puis en 1871 n’y change rien. Chaque fois, les visiteurs reviennent plus déterminés que jamais.

Les premiers graffitis de visiteurs formellement identifiés remontent au mois de mars 1880, ce qui correspond à la date de déclassement du bâtiment comme établissement pénitentiaire.

Les graffitis des visiteurs sont très variés. Parmi les motifs préférés des visiteurs, le cœur est présent sur bon nombre de murs. Gravé ou crayonné, il semble faire écho à l’amour de Dantès pour Mercedes.

Les visiteurs sont  très productifs ; ils écrivent, griffonnent sans retenue, partout. Au château d’If, ils sont probablement des milliers avec des concentrations spectaculaires comme dans le couloir des oubliettes. Il faut dire que ce couloir offre des conditions uniques : des surfaces d’enduits lisses « à perte de vue » et à l’abri des regards.

Dans certaines pièces comme dans le cachot du Masque de fer, on relève des graffitis situés à plus de 3 mètres de haut. Ils attestent d'une circulation en hauteur sur des planchers au moment de l’ouverture officielle. Aujourd’hui, le mur d’expression et le Livre d’or constituent les nouveaux supports mis à disposition des visiteurs pour tracer leurs graffitis et laisser leur nom dans l’histoire.                                                                                                                                                                                                                                                                      

Les graffitis des militaires

Les militaires sont les troisièmes producteurs de graffitis du château d’If. On a trois types de graffitis de militaires : ceux laissés par les militaires en garnison ; ceux des militaires prisonniers et ceux des militaires en permission.

Les graffitis de militaires en garnison restent exceptionnels, malgré une présence ancienne et continue jusqu’au milieu du XXème siècle. Enfin, les travaux d’entretien et les nombreux graffitis des visiteurs ont provoqué des dégâts irrémédiables en faisant disparaître les graffitis les plus anciens. Les portes de la forteresse en conservent de très beaux exemples. Le bois étant un matériau privilégié car tendre et facile à graver. La plupart des auteurs de graffiti sont en visite car le château d’If est ainsi une destination prisée des militaires en instance de départ ou en permission. Le site ayant appartenu au Ministère de la défense jusqu’au milieu du XXe siècle.